Ether Frolics
Galerie Clark, Montreal, QC
October 20th to November 26th, 2005
click images to enlarge, all photos: Bettina Hoffmann, 2005
exhibition press release:
A daring game of tug-of-war between pleasure and nausea, the decorative and the abject, craft and mass production is played in Tricia Middleton's Ether Frolics. For this exhibition the artist recycles fragments of earlier work to create unsettling versions of Victorian garden furnishings; ornate fountains, columns, urns and patio chairs are held together with drywall compound and thinly surfaced with pastel-coloured paint. The objects, parodically echoing the nineteenth century's fascination with classical culture are, in stark contradiction, arrayed in disordered ranks. As the viewer walks among them he or she will stumble upon small, integrated video monitors in two of the works that present the image, greatly reduced, of the original pieces that went into making the objects in the gallery.
A critique of the hallucinatory pleasures and increasingly vain excesses of consumer culture emerges from this foregrounding of the works' recuperative processes, one that simultaneously reaches back to its earliest roots at the beginnings of industrialization and explores the emptiness of the mass-produced “goods” of our own day. It calls into question the evaporating meanings and values of the objects that make up our own lived environment.
Ether Frolics casts a jaundiced eye on our hunger to buy and to consume, one that pokes at the troubling roots of notions like “taste,” “luxury,” and “quality.” And it is a regard that testifies, in full recognition of the ironies of the exhibition's very title - referring as it does to the drug parties of the Victorian bourgeois class - to the dizzying, narcotizing effects of consumer culture.
Text by Peter Dube
Une souque à la corde audacieuse, oscillant entre le plaisir et la nausée, le décoratif et l'abject, l'artisanal et la production de masse se joue dans Ether Frolics de Tricia Middleton. Dans cette exposition, l'artiste recycle des fragments de ses œuvres antérieures pour réaliser de troublantes interprétations de mobilier de jardin de style victorien : des fontaines très ornées, des colonnes, des urnes et des chaises de patio assemblés au moyen de composé à joint légèrement recouvert de peinture pastel. Parodiant la fascination du 19e siècle pour la culture classique, les objets disposés dans le désordre forment une pure contradiction. Le spectateur marchant au milieu de ces derniers risquera de trébucher sur de petits moniteurs vidéo encastrés dans deux des pièces et qui présentent des images considérablement réduites des œuvres originales ayant servi à fabriquer les objets présentés en galerie.
Une critique des plaisirs hallucinatoires et des excès de plus en plus futiles de la société de consommation se dégage du processus de récupération mis en valeur dans cette œuvre. Cette critique renvoie simultanément au tout début de l'ère de l'industrialisation et l'inanité de ces « biens » de notre époque, produits en masse. Elle met en question la pulvérisation du sens et de la valeur des objets qui nous entourent.
Ether Frolics jette un regard cinglant sur notre soif d'achat et de consommation, qui touche au fondement même des notions de goût, de luxe et de qualité. Reconnaissant pleinement l'ironie contenue dans le titre de l'exposition - en référence aux soirées agrémentées de stupéfiants de la classe bourgeoise à l'époque victorienne -, ce regard témoigne des effets étourdissants et assommants de la société de consommation.
Texte par Peter Dube, Traduit par Nathalie Du Blois
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